Escapades gourmandes

Escapades gourmandes Parce qu'il était plus que temps! Vous la vouliez, la voilà. Une page qui recense l'ensemble de mes escapades gourmandes. Bon appétit tout le monde !

De Charleroi à Namur en faisant un détour par Bruxelles et bon nombre de villes et villages wallons.

Partie I - Goûter pour se souvenir Lors d’un séjour dans le Vaucluse, cette étape est à cocher en priorité si, tout comm...
18/05/2026

Partie I - Goûter pour se souvenir

Lors d’un séjour dans le Vaucluse, cette étape est à cocher en priorité si, tout comme moi, vous aimez le vin et la gastronomie. Comme de fait, à l’Oustalet, une belle adresse gastronomique située en plein coeur de Gigondas, les flacons occupent une part prépondérante dans la philosophie de la maison. Propriété de la famille Perrin (Château de Beaucastel et le champagne Fleur de Miraval), ce point de chute de tout oenocurieux dispose d’une carte, que dis-je, d’un grimoire des vins absolument incroyable dans lequel il y a abondance de licornes vinicoles à débusquer.

Toutefois, soyons clairs ! La cuisine de l’Oustalet est tout aussi remarquable. Thomas Boirel, le jeune chef du restaurant, est d’ailleurs titulaire d’un joli macaron rouge ; lui qui propose une cuisine durable et végétale qui s’inscrit à merveille dans le cadre chic et épuré de l’établissement. En témoigne sa selle d’agneau des Alpilles servie en deux temps: d’un côté, une magnifique cuisson accompagnée d’un jus sapide à l’anguille fumée. De l’autre, un tartare de veau et citron caviar nappés d’un jus herbacé. Entre les deux, une asperge d’un très beau calibre sertie de tronçons d’anguille et d’ail farci. Une véritable symphonie gustative !

En face de ce plat, trois grands rouges et un joli travail de sommellerie. J’aurais bien bu mille et une choses lors de mon passage à l’Oustalet, mais - bien qu’à six - les choix restent limités. Par conséquent, pour accompagner ce plat, j’ai jeté mon dévolu sur deux vins que j’estimais à leur apogée, le Bourgogne « Les Grands Chaillots » 2015 de chez Thibaut Liger-Belair et le saumur « La Charpentrie » 2013 du domaine du Collier, ainsi qu’un vin mythique beaucoup plus candide (2022), mais déjà tellement bon dans sa jeunesse, à savoir le Saint-Joseph des frères Gonon.

Pinot noir, cabernet franc et syrah, les trois sur une somptueuse assiette étoilée, entouré des gens que j’apprécie le plus sur cette terre, c’était quelque chose de de grand et d’inoubliable !

[…] L’accueil au domaine se fait à la provençal, c’est-à-dire en toute simplicité. On entre dans un grand salon paysan t...
11/05/2026

[…] L’accueil au domaine se fait à la provençal, c’est-à-dire en toute simplicité. On entre dans un grand salon paysan transformé en zone de dégustation. Sur la cheminée, une kyrielle de flacons, classés du plus ancien au plus récent, trônent avec fierté ; celle de retracer un bout de l’histoire du domaine Marcel Richaud. À côté de ces bouteilles, des cadres aux illustrations colorées ; celles qui ont été annuellement utilisées pour figurer sur la bouteille de rosé (assemblage de cinsault et de clairette rose) qui s’apprête à ouvrir le bal de notre dégustation.

Si, pour cause de rupture de stock, tout n’est pas en dégustation, notamment le fameux Cairanne blanc dont le millésime 2024 était à six bouteilles d’être épuisé, notre balade oenologique fait la part belle aux rouges du domaine. « Terre d’aigles » et « Les Garrigues », tous deux en appellation Côtes du Rhône, puis le Cairanne classique pour terminer, en apothéose, sur l’une des deux grandes cuvées parcellaires du domaine: « L’Ebrescade ». Le crescendo, en plus d’être plaisant, est aussi convaincant ! Malgré un haut taux d’alcool, 15,5° pour la dernière cuvée citée, les vins sont élégants, fins et délicats et ne font clairement pas leurs degrés d’alcool. L’aspect fraîcheur pour lequel le domaine gagne à être connu ne faillit pas à sa réputation.

Les élevages se font presque uniquement en cuve béton et les vinifications s’opèrent avec le moins d’intrants possible. Bien que le carmin soit la couleur prédominante dans les vignes, et que plusieurs cuvées en rouge attendent déjà patiemment à la cave d’être dégustées, mon coup de coeur se porte, inéluctablement, sur les blancs du domaine (que nous n’avons pas pu déguster, certes, mais que nous avons tout de même pu acheter). « À la Source » en vin de soif (VDF) et le Cairanne blanc en vin de gastronomie se goûtaient merveilleusement bien sous le soleil du Vaucluse. Le premier est un vin plaisir qui respire le fruit tandis que le second est d’une pureté et d’un équilibre déconcertant compte tenu des aléas climatiques de la région. 👏🏻

Qui dit Cairanne, dit Marcel Richaud et qui dit Marcel Richaud dit deux choses: d’une part, il y a la la stature de lége...
07/05/2026

Qui dit Cairanne, dit Marcel Richaud et qui dit Marcel Richaud dit deux choses: d’une part, il y a la la stature de légende vigneronne et, d’autre part, il y a la fraîcheur de ses vins.

Si le mot, pour certains, peut paraître quelque peu disproportionné, il est pourtant, dans mon imaginaire d’oenophile en quête de représentations gustatives et d’éruditions vinicoles, hautement approprié puisqu’il s’agît d’un vigneron (et de son domaine éponyme) qui s’est, depuis des années maintenant, mué en un écho cadencé entendu, ça et là, au détour de conversations, de lectures et d’émissions ayant pour thème central le vin.

Entre ce lundi de printemps ensoleillé qui me voit débarquer au domaine depuis la route de Vaison et ce podcast de La Terre à Boire, intitulé « Les Vins du Mistral », au cours duquel un Rasteau blanc (2015) est dégusté pour la première émission d’une longue série - ce qui constitue également le point de départ de ma curiosité pour l’illustre vigneron dont nous parlons aujourd’hui - du vin a coulé sous le palais de ceux qui aiment l’apprécier.

Au cours de ces dernières années, je n’ai entendu parler que de « nature » et de « fraîcheur » quand vient l’heure de jeter le nom de Richaud dans une conversation. Toutefois, n’étant (à la base) pas forcément un grand fan des vins du Rhône Sud, que j’estimais tantôt trop riches, tantôt trop maquillés, je mets du temps avant d’enfin poser mes lèvres sur une cuvée du domaine. Au-delà du brise-cliché, et de l’excellente surprise qui en découle, c’est le rapport qualité/prix qui me frappe initialement. Marcel Richaud devient ainsi la preuve qu’un vin ne doit pas être cher, et/ou ne doit pas être rare, pour être considéré comme un très beau vin ! […]

Partie I - Côté Table D’un point de vue dénomination, on ne peut pas faire plus évocateur. Chez Table & Vin, tout un cha...
21/04/2026

Partie I - Côté Table

D’un point de vue dénomination, on ne peut pas faire plus évocateur. Chez Table & Vin, tout un chacun s’attable avant de choisir une (première) bouteille à déboucher. Venus en pèlerinage chez Pierre-Luc Husson, chef en sa chapelle, les convives communient autour d’un espace caviste à la fois remarquable et changeant. Si tous ceux qui sont là savent qu’ils vont bien manger, d’aucuns ne sait, à l’avance, ce qu’il va boire, et ce tant les possibilités sont légion.

D’un point de vue gastronomique, Table & Vin, c’est la simplicité du goût et l’excellence de la simplicité. Sans fioriture aucune, Pierre-Luc envoie des assiettes pleines de gourmandise dont la dégustation est à la hauteur de l’intitulé. Si on vous annonce des morilles, il y en aura à l’horizon ; si on parle d’asperges, elles viendront en bataillon. Le côté Table du restaurant, ce n’est - ni plus ni moins - qu’une généreuse cuisine de tradition dont l’architecture est au service, non pas de l’esthétisme, mais bien de l’émotion. Ici, personne ne recherche le « Wahou », mais tout le monde rencontre le « Mmmmmm… »

Filet de sandre, longe de veau, poireaux-vinaigrette et tartare d’huître, nage de coques au vin jaune, mousse au chocolat maison, dégustation de comté - j’en passe et des meilleurs, notamment un vol-au-vent à tomber que je n’ai pas encore eu l’occasion de goûter. Tout ça respire l’esprit libre du bistrot d’antan où l’on pouvait très bien manger sans se ruiner. En d’autres termes, Table & Vin, c’est une fort belle adresse de gastronomie ; de celles qui s’imposent avec force et fracas dans votre esprit quand vient l’heure de retourner dîner/souper quelque part dans la région de Charleroi. […]

Situé à moins d’une encablure de la Meuse, l’Öctave est une toute jeune adresse logée au sein d’un hôtel-boutique quatre...
15/04/2026

Situé à moins d’une encablure de la Meuse, l’Öctave est une toute jeune adresse logée au sein d’un hôtel-boutique quatre étoiles, lui-même édifié dans une somptueuse maison de maître namuroise. L’Hôtel Vedette, c’est son nom, dispose ainsi d’un panorama enviable et d’un cadre luxueux, tout en cachant, en son sein, un restaurant gastronomique chapeauté par le jeune et ambitieux Loïc Thirion ; lui dont le parcours commença à deux pas de là, à l’Eau-Vive, chez l’inconditionnel formateur de jeunes talents, j’ai nommé Pierre Résimont.

L’Öctave, conformément à la musique, c’est l’écrin dans lequel Löic a décidé de faire ses gammes en solo. Cela ne l’empêche toutefois pas d’être solidement épaulé par son sommelier et maître d’hôtel, Faiçal Rhayou, dont les compétences en matière d’accueil et de gestion de salle sont remarquables. À eux deux, ils composent une solide partition gastronomique qui résonne de concert dans un cadre à la croisée du faste et de la modernité. Magnifiquement agencés, les lieux offrent confort, espace et intimité aux seize heureux convives venus profiter d’un récital de fourneaux.

Dans les faits, l’expérience vaut clairement la peine d’être vécue. Outre le cadre et le confort susmentionnés, le programme gastronomique est joué en cinq temps pour une somme qui me semble tout à fait honnête (85€ le menu). Je parle de moins en moins d’argent dans mes critiques car cette question est assez subjective, mais - d’un point de vue empirique - ces tarifs me semblent plus qu’abordables comparés à d’autres établissements. D’autant plus que la qualité et le service étaient plus que jamais au rendez-vous !

À L’Öctave, le chef - Loic Thirion - est omniprésent en salle: c’est lui qui apporte et explique la majorité des plats. Il est donc au four et au moulin pour essayer de détailler les différents rouages de sa cuisine aux convives venus la déguster. C’est un fait rare que je juge hautement appréciable car, dans ma conception, la gastronomie est un art à part entière et, de ce fait, il est plaisant, pour ne pas dire gratifiant, de pouvoir échanger avec la tête pensante de l’exposition culinaire à laquelle vous vous rendez.

Lorsque le chef est en cuisine, c’est Faiçal qui est aux manettes de la salle. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce dernier a le sens de l’hospitalité. À titre personnel, j’ai beaucoup aimé son service car, en plus de son oeil avisé, il a eu le don d’innover et de proposer des choses ; ce que le commun des sommeliers et/ou maîtres d’hôtel ne fait que très rarement… En l’occurence, un cocktail - préparé à l’aide du joli champagne de la maison Jacquesson que nous avions préalablement commandé - nous a été proposé (sans supplément) afin de constituer un pairing détonant avec le dessert autour du shiso et du fruit de la passion.

Quoi qu’il en fut, le goût du risque (car le cocktail a été crée sur le moment et aurait pu ne pas convaincre et/ou fonctionner), ainsi que le caractère innovant de cette entreprise suffisent à élever l’expérience globale au-dessus d’un repas gastronomique honnête, mais stéréotypé. Par conséquent, cette attention - en ce qui me concerne - fait tout la différence et aide l’Öctave à se démarquer de la concurrence avoisinante.

Par conséquent, bravo à l’un pour le convaincant repas et félicitations à l’autre pour la qualité de l’expérience en salle !

I - Des Bruyères aux BéguinesS’il y a bien un restaurant, en 2025, qui m’a particulièrement marqué, c’est celui de Basil...
23/02/2026

I - Des Bruyères aux Béguines

S’il y a bien un restaurant, en 2025, qui m’a particulièrement marqué, c’est celui de Basile De Wulf à l’époque où l’établissement était encore attenant à une jolie ferme de village dans la localité de Bovesse, une petite bourgade située au nord de la région namuroise. L’ambivalence entre la rusticité du cadre et la modernité des assiettes avait de quoi surprendre, au même titre que l’excellente carte des vins d’ailleurs, de celles dont les références sont aussi légion qu’admirables. Je m’y suis rendu deux fois et j’en garde encore de très bon souvenirs grâce, notamment, aux Onglés de Stéphane Bernaudeau ou au Duroc de La Petite Campagne.

Si le choix des vins est toujours aussi vaste, et la cuisine encore et toujours percutante, le décorum englobant ces deux axes primordiaux a, quant à lui, quelque peu évolué afin d’inscrire la cuisine de Basile dans un nouvel écrin alliant gastronomie et élégance. Le côté rustique susmentionné laisse désormais place à une expérience visuellement grandiose où chaque étape et chaque geste posé a été délibérément pensé et étudié dans l’optique de conditionner le client à vivre un moment culinaire aussi unique que mémorable.

Qui plus est, outre l’effet de surprise autour du repas (rien n’est communiqué sur internet et/ou sur les réseaux), c’est la qualité des produits sélectionnés dans le menu 7 services qui m’a positivement frappé au cours de mon troisième repas chez celui que le Gault & Millau a élu « jeune chef de l’année 2026 » pour la Wallonie. Des Saint-Jacques à peine tiédies au filet de bar caché sous un voile de nori, en passant par une avalanche de truffe noire suivie de pétulants ris de veau parés d’une sauce au vin jaune, pour terminer sur une tendresse de cuisson du canard (tout ça sur la même soirée bien évidemment) ; voilà un menu extrêmement convaincant pour un restaurant dont l’ascension n’est sans doute pas terminée. Mes connaissances empiriques en matière de restaurants gastronomiques m’incitent à penser que d’autres récompenses, et de nouveaux plébiscites, ne tarderont pas à arriver…

II - Des grands crus bourguignons à tuber melanosporum

Pour corroborer mes dires, ainsi que l’intitulé de cette chronique, j’en appel au magnifique produit qui prend toute la lumière sur la photo que vous pouvez contempler ci-dessus. À l’oeil, on remarque tout de suite la fraîcheur de la Dame Noire ; elle semble de toute évidence au top de sa forme physique et son magnifique marbrage forestier lui confère une supplément de beauté que nul ne pourrait nier. Si son parfum vous est malheureusement inaccessible, ses qualités olfactives étaient de premier choix: on savait qu’elle était dans les parages avant même de l’avoir aperçue.

C’est la première fois que je vois Madame Melanosporum rendre visite à Basile De Wulf et cela s’explique, sans doute, par le fait que le chef privilégie la quintessence du produit à la tendance culinaire. Si, de nos jours, la truffe est de plus en plus présente dans l’univers gastronomique, c’est parce qu’elle est devenue tendance. De surcroît, on la retrouve partout, tout le temps et sa qualité oscille très fortement d’une saison à l’autre. Toutefois, « Mela », comme tous les grands produits, peut non seulement être de qualité variable en fonction de son passeport, mais elle est aussi - à l’instar du vin, du poisson ou de la viande - prioritairement proposée aux plus offrants et/ou aux plus exigeants des clients en fonction de sa taille, sa fraîcheur et, bien évidemment, de ses qualités olfactives.

À l’image des vins de chez Pierre-Yves Colin-Morey ou de chez Perrot-Minot (que l’on peut retrouver à la carte du restaurant), les flacons de premier choix sont plus que majoritairement vendus sous allocation, que ça soit aux plus nantis ou aux sommeliers des (très) grands restaurants, avant d’être possiblement vendus à d’autres connaisseurs s’il y en a assez. Les bouteilles beaucoup moins rares sont elles dénichées par les initiés, mais il n’y en aura évidemment pas pour tout le monde. Puis, il y a tous les autres vins dits « de Bourgogne », de ceux qu’on retrouve un peu partout, notamment en grande surface, mais qui n’ont pas la même noblesse et certainement pas la même saveur. Et bien la truffe, comme les plus beaux poissons vendus très tôt à la criée ou les viandes d’éleveurs reconnus, suit un peu le même cheminement…

Des ris de veau au canard, en passant par une noble truffe d’hiver, le constat est le même: il n’y a pas de grande cuisine sans grands produits

III - Service irréprochable

C’est sur ce supplément fromage des plus convaincants que nous prenons le temps de faire un petit arrêt sur image aujourd’hui. Un décor de nature morte pour mettre en exergue la régularité et l’infaillibilité du service en salle - fait rare dont j’ai été à chaque fois témoin (trois fois jusqu’ici) en allant manger chez le talentueux Basile De Wulf. C’est un fait assez rare que pour être souligné, car cet axe de prolongement de la philosophie culinaire d’un chef est de temps à autre plat, quelques fois balbutiant et parfois des plus corrects, mais il est rarement aussi professionnel qu’irréprochable.

Parfois, les erreurs sont à mettre sur le compte de la jeunesse - à l’instar des établissements fraîchement propulsés sur le devant de la scène grâce à une marque ou un groupe d’investisseurs. Dans d’autres cas, elles sont simplement à mettre sur le compte d’un manque de stabilité dans les équipes ; ce qui oblige certaines adresses à devoir recommencer, encore et toujours, les mêmes cérémonials inhérents aux codes de la gastronomie. Et puis, il y a les services millimétrés, offrant des soirées qui mélangent gestes d’orfèvres et dialogues nourris, de ceux qui se comptent généralement sur les doigts d’une main entre janvier et décembre.

Bien qu’elle se soit désormais agrandie, l’équipe en place chez Basile Cuisine Gourmande est un collectif bien huilé construit sur une ossature expérimentée. Le personnel de salle est rôdé et accompagne l’art du cuisinier tels des instrumentistes suivant les coups de baguette d’un chef d’orchestre: gestes précis agrémentés de sourires sincères, proximité avec le client tout en restant dans le cadre professionnel, conseils avisés et service chronométré. De pareilles symphonies, je n’en vois guère souvent… D’ailleurs, les deux seules, à peu près récentes, qui me paraissent un cran au-dessus point de vue acoustique oenologique et réverbérations culinaires sont flamandes et totalisent 5 étoiles à elles deux: à savoir Tim Boury et Sir Kwinten.

Punt aan de lijn…

Partie III - Plaisirs lactés Non content d’offrir une cuisine de haut vol, qui plus est couplée à une convaincante carte...
09/12/2025

Partie III - Plaisirs lactés

Non content d’offrir une cuisine de haut vol, qui plus est couplée à une convaincante carte des vins, Attablez-Vous dispose d’une corde supplémentaire à son arc - en la présence d’une truculente cave à fromages - pour convaincre le quidam d’obtempérer et de venir s’installer hâtivement à l’une des tables du restaurant. Intelligemment mise en avant dans une salle spacieusement aérée, chaque convive n’a pas d’autre choix que de passer devant la petite armée de plaisirs lactés qui se dresse sur les différentes étagères d’une « caseothèque » sertie de vieux madères.

De ce fait, avant même l’apparition des premières mises en bouche, l’idée d’un détour dans ladite cave s’est mise à germer dans mon subconscient, à la façon d’un long-métrage signé Christopher Nolan. Comment ne pas résister à l’appel des pâtes dures et des pâtes lavées quand ces dernières passent les derniers instants de leur vie au balcon de votre théâtre gastronomique ? De plus, à en juger par la petite réunion de famille qui s’est déroulée dans mon assiette, je crois que l’on peut aisément affirmer que ce supplément fromage est généreusement codifié.

Une fois dans la cave, vous avez l’opportunité de choisir jusqu’à deux fromages par famille (chèvre, dure, lavée, persillée, fleurie). Le tout est servi avec du miel et/ou quelques fruits secs, ainsi qu’une préparation chaude tout droit sortie des cuisines et un magnifique pain brioché, légèrement toasté, et ce pour votre plus grand bonheur. C’est un régale, une vie de roi, que l’on s’octroie avant le dessert ou en remplacement de ce dernier. Quant à la touche sucrée, elle n’est certainement pas en reste puisque le dessert autour du pamplemousse et de l’eau de rose apporte beaucoup de fraîcheur avant d’embrayer sur une défilée de mignardises clôturant le repas sur une notre réconfortante.

Partie II - Le champagne à la table d’Attablez-Vous Disciple de Pierre Résimont et d’Yves Matagne, Charles Jeandrain est...
08/12/2025

Partie II - Le champagne à la table d’Attablez-Vous

Disciple de Pierre Résimont et d’Yves Matagne, Charles Jeandrain est à la cuisine ce que Frédéric Savart est au champagne: un artisan du goût et du savoir-faire. Au-delà du travail présent dans l’assiette, la cuisine d’Attablez-Vous est assez marquée en saveurs, de celles qui viennent trancher avec le reste d’un plat ou qui viennent apporter une pointe de peps et d’exotisme à une assiette, sur papier, consensuelle. Sur le menu de novembre, par exemple, on pouvait ainsi retrouver l’acidité du citron caviar dans une composition autour du poireau, l’iode d’une émulsion d’huître avec la truite d’Ondenval ou encore l’umami d’un gel de soja sur l’arête d’un sushi aux Saint-Jacques.

Du goût, il y en a également beaucoup dans la carte des vins et, notamment, dans la première partie de cette dernière qui concerne bien logiquement les champagnes. Celle-ci regorge de talents champenois à l’instar du mythe Selosse, du chaman Marguet ou du perpétuel Paillard. Le restaurant a davantage axé se sélection sur le côté vigneron de la Champagne plutôt que sur les philosophies de maison. À titre personnel, je dois dire que cela m’enchante beaucoup ! Vous me direz que tout ceci est à la carte, bien sûr, mais il en va désormais de même à la coupe.

Bien que cela soit un avis purement personnel et subjectif, je préfère me voir proposer une coupe de rosé de chez Rousseaux-Batteux ou un blanc de noir des Amis de Beauregard plutôt qu’un champagne de chez Lallier comme ce pouvait être le cas auparavant, me semble-t-il. Ces beaux champagnes ont, à mon sens, une plus grande aura gastronomique que les bruts non-millésimés des maisons champenoises ; ce qui ne fait que renforcer le souvenir et le cachet d’une expérience culinaire étoilée. C’est donc un détail qui, toujours selon moi, n’en est pas un puisque je le vois (et si c’est mon cas, d’autres doivent penser comme moi) comme un facteur décisionnaire quand vient l’heure de retourner dans un établissement étoilé plutôt qu’un autre.

Et rien que pour ça, c’est un énorme bravo !

Partie I - Écueil sur écueil On ne présente plus Attablez-Vous. C’est l’une des adresses phares de la région namuroise, ...
07/12/2025

Partie I - Écueil sur écueil

On ne présente plus Attablez-Vous. C’est l’une des adresses phares de la région namuroise, une success story qui ne semble d’ailleurs pas connaître de limites à sa narration suite aux récentes ouvertures de deux succursales: Partage & Origine.

En août 2022, je m’étais rendu pour la première fois chez Attablez-Vous pour prendre la température d’un lieu qui était déjà en pleine ébullition médiatique. Toutefois, les astres n’étaient pas alignés ce soir là et je me suis présenté une veille de (longue) fermeture pour travaux. Le cadre était donc différent et l’expérience, bien que correcte, ne m’avait pas impressionné outre mesure. À titre d’exemple, le supplément fromage - quelques morceaux de fromage directement présentés sur assiette - était d’une extrême banalité, mais cela s’expliquait logiquement par un manque de matière première qui cloua l’habituelle desserte à fromages sur place. L’aura du restaurant, porté aux nues par les namurois, n’était donc pas rencontrée et cela constitue donc le premier écueil de mon récit.

Dans ce genre de cas, on a souvent tendance à tarder avant d’offrir une seconde chance à un chef et sa cuisine, mais, en réalité, c’est bien le contexte de ma visite qui est venu empiéter sur ma satisfaction personnelle et non la qualité du restaurant. Dès lors, il serait bête de ne pas réitérer l’expérience afin d’en avoir un avis plus objectif. Bien m’en a pris puisqu’en novembre 2025, j’ai retrouvé à La Plante tout ce que j’étais venu chercher trois ans plus tôt: une cuisine percutante, un supplément fromage digne de son étoile, un cadre absolument magnifique dans lequel évolue une équipe aussi professionnelle que dévouée et, cerise sur le gâteau, une carte des vins très intéressante qui propose de grands vignerons à prix accessibles. En témoigne les bulles de Frédéric Savart (une rareté à la carte en Belgique) qui, de par leur provenance, constituent le deuxième Écueil de ma critique et, de par leur nom, composent une magnifique Ouverture.

Partie I – Quand le cygne charrie le héron 🦢🪶Nous voici attablés chez Bacôve, le restaurant de Camille Delcroix, fils de...
16/11/2025

Partie I – Quand le cygne charrie le héron 🦢🪶

Nous voici attablés chez Bacôve, le restaurant de Camille Delcroix, fils de boucher-charcutier, ex-candidat, et grand gagnant, de Top Chef ; désormais détenteur d’un beau gros macaron au guide Michelin. C’est l’heure du déjeuner pour nos amis français et un rayon de soleil glisse allègrement sur les boucles d’un enfant espiègle jouant avec un cygne devant la façade du restaurant qui jouxte la rue Saint-Bertin.

À l’intérieur, l’ambiance est chaleureuse, teintée de nuances vertes oscillant entre le colvert et l’émeraude, ce qui évoque déjà, pour moi, le cor de chasse et la nature du Marais Audomarois. Un air de Brassens, qui chante « les copains d’abord », résonne au creux de l’oreille pendant qu’une valse à quatre temps inaugure le début des festivités gastronomiques. Le héron qui toise fièrement notre regard souhaiterait, un jour, se mouvoir afin de picorer les premières mises en bouche qui atterrissent sur notre table.

Moules-frites en marinière, pâté en croute, beignets de crevettes grises, nous sommes bel et bien dans le Nord. Quand on y ajoute une coquille d’huître, garnie de coquillages emmitouflés dans un granité-manteau d’herbes maraîchères, et une première entrée autour de la Saint-Jacques et de la h**e de cochon, les doutes - si tant est qu’il y en avait - s’effacent. Nous avons, non seulement, d’ores et déjà saisi l’étendue du talent de Camille, mais on ressent également toute l’importance d’un terroir et l’influence d’une enfance qui rayonnent de mille feux dans le grand menu éponyme du restaurant.

Partie II - conciliabule bachique et table identitaire 🍇🍽️

Au menu de cette seconde partie, il y aura donc des grands vins et du boudin car, en parallèle d’une cuisine prolétaire habilement magnifiée, il existe, chez Bacôve, une carte des vins tout à fait remarquable. Cette dernière est l’œuvre de Carla Loxemand, la maîtresse des lieux, qui n’est autre que la compagne de Camille Delcroix, et la personne de référence quand vient l’heure de rendre offrande à Dionysos.

Après une très belle première page sur la Champagne où l’on retrouve à la fois des vins de légende, qui plus est dans de vieux millésimes (en témoigne la cuvée Winston Churchill 98 de la maison Pol Roger), tout comme de grands champagnes de vignerons à l’instar d’Ulysse Collin ou de Bruno Paillard, la carte s’évertue à proposer un panel de pointures du vignoble hexagonale à prix accessibles, voire carrément démocratiques.

On a apprécié la franchise de Carla quant à la clairette du Domaine des Tours de Monsieur Reynaud (50€), un vin qu’elle n’affectionne guère suite à son aversion pour ledit cépage. Toutefois, si vous lui proposez de se servir un verre de vin de chez Tissot, comme la cuvée Patchwork (55€), elle le refusera plus difficilement puisqu’il s’agît là d’un vigneron qu’elle, et son mari, affectionne tout particulièrement.

Ce chardonnay fonctionne d’ailleurs très bien – même si, de mon humble, les vins blancs de Stéphane Tissot se boivent pratiquement sur tout – avec la seconde entrée : un récital autour du boudin noir et de l’encornet, accompagnés d’un magnifique jus vert dans lequel une duxelles de pomme Granny Smith vient apporter la pointe d’acidité nécessaire pour veiller à ce que le plat soit parfaitement équilibré. Derrière cela, il n’y a plus qu’à ouvrir une magnifique quille de chez Jérôme Bretaudeau, en l’occurrence la cuvée Ornaté (85€), pour apprécier la suite du repas !

Partie III - Maroilles & pâtisseries 🧀🥮

Après deux beaux plats habillés, comme il se doit, d’une grande sauce de cuisinier (une sauce maltaise pour le bar, un jus d’abattis avec le colvert), l’étoile de Bacôve s’étoffe encore un peu plus avec l’arrivée d’une composition autour du maroilles qui, selon moi, ne devrait pas être un supplément dans le menu, mais bien un service à part entière tant l’originalité de cette singularité est remarquable. Le produit étant ce qu’il est dans la région, à savoir une véritable institution, cela ne fait que renforcer l’aspect terroir et l’aspect culturel propres à un grand repas gastronomique.

Certes, certains diront que le maroilles est une proposition clivante, mais il en va de même du boudin noir, du jus d’abattis ou encore de la h**e de cochon. De plus, quoi de mieux qu’un restaurant étoilé du Nord pour balayer d’un revers de la main les craintes et les appréhensions d’un fromage injustement réduit à un statut de caséine odorante? Qu’il soit présenté en croque-monsieur, rafraîchi par une bacôve d’endives, en beignet (façon croustillon de fête foraine), en « cigarette russe » avec gel de kumquat, ou encore en glace sertie d’un caramel, la découverte du Maroilles proposée par Camille Delcroix est une œuvre qui, toujours selon moi, reflète un cachet d’établissement deux étoiles.

Et puis, on se dit qu’on a atteint l’apogée du repas, que le reste ne sera qu’une déclinaison de desserts plus ou moins réussis (comme c’est souvent le cas, je trouve, dans les restaurants gastronomiques), mais c’était sans compter sur Victor Blanquart, le chef pâtissier du restaurant, qui distille, coup sur coup, deux beaux desserts, à la fois profonds et équilibrés, dans lesquels on retrouve une glace à la levure, de l’ail noir et de la vanille fumée. Et pour ceux qui aiment les douceurs, les mignardises s’accompagnent d’une crapuleuse tarte au sucre bien coulante - un véritable banger bien coulant – qui ponctue là un fort beau et fort grand repas !

Partie III – Terre & Mer au Panthéon Après le fendant du domaine Chappaz, c’est le bourgogne de F***y Sabre qui sera le ...
21/10/2025

Partie III – Terre & Mer au Panthéon

Après le fendant du domaine Chappaz, c’est le bourgogne de F***y Sabre qui sera le lien entre le verre et l’assiette. Un joli fruit, d’une grande buvabilité, qui se met au service de l’une de mes plus belles émotions culinaires en date. Cette dernière retrace l’histoire d’une entrecôte de bœuf maturée, saisie à la plancha, prenant pour époux, sur le passe, un demi homard breton rôti au beurre noisette.

En guise de témoins, nos deux tourtereaux ont fait appel à la famille : jus de viande à l’estragon pour elle, glace des têtes de homard pour lui. Ceux-ci trônent fièrement au milieu d’un parterre de convives composé des pinces en sucrine, des coudes en salade d’haricots et d’amis, pour certains venus de loin, à l’instar de Tom Yum & Mikan.

La mariage est célébré dans la cathédrale Saint-Blaise de Marche-en-Famenne. Pour l’office, le couple s’est attaché les services d’un brillant maître de cérémonie dénommé François-Xavier Simon. Formé à bonne école, notamment sous les ordres de l’illustre évêque parisien Pierre Gagnaire, « FX » - comme on l’appelle dans les ordres – s’illustre avec talent pour faire briller de mille feux l’amour naissant entre la terre et la mer.

Fin de l’analogie. Pour le dire de façon plus catégorique, mais moins poétique, ce plat – à l’heure actuelle toujours à la carte – est non seulement grandiose, mais il a un petit quelque chose en plus que bon nombre de propositions étoilées. D’une part, il n’est pas stéréotypé, se situant fort loin d’un sentiment de « déjà-vu », et, d’autre part, il est le fruit d’une cuisine unique et identifiable à mi-chemin entre la grande bistronomie française et l’esthétique gastronomie de la philosophie macaron.

Chapeau ! 👏🏻

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