02/02/2026
« Le Commencement » d’Emma Hourcade et « Play-boy un corps à défaire » de Christopher Alexander mettent en scène des corps en mue, qui se transforment de l’intérieur : un corps qui porte un enfant -violemment rappelé à sa fonction première – ou un corps qui rejette son sexe et brouille son genre. Il faut recommencer, revenir aux origines de ces corps – les libérer des assignations héritées, les comprendre, les accepter aussi, dans leurs multitudes.
Chaque poème nous demande de nous battre avec les injonctions sociales et genrées à la fois physiques et sociales. Les auteur·ices jouent avec ce qu'il nous reste après que les frontières codifiées du sexe et du genre s’écroulent en nous invitant à retrouver l’ambiguïté dans nos corps, et de nos écritures, de les accueillir dans leurs singularités.
Ici, les langues se mêlent et se démêlent. Les voix de ces poète·sses tâtonnent et cherchent, à la limite de l'oralité, les entre-deux, les entre-deux langues pour retrouver une autre échelle de temps, un autre souffle, où les mots peuvent reposer, infuser dans les esprits, s’incarner dans nos gestes.
À ce moment précis, il devient enfin possible d’inventer autre chose – de chercher d’autres modes d’entrer en relation avec soi et les autres. Seulement maintenant, on peut se demander comment prendre soin des autres, les autres à l’intérieur de nous, cellesceux qui nous entourent ? Et pour les deux auteur·ices pour qui la question de la maternité joue un rôle décisif à différents égards, iels demandent comment rejouer la différence entre maternel·le et maternant·te ?
Après une lecture et une performance, iels dialogueront avec la chercheuse Amanda Murphy, spécialiste de la poésie plurilingue et l’autrice de « Écrire, lire, traduire entre les langues. Défis et pratiques de la poétique multilingue » ainsi que d’un ouvrage en gestation consacré à la maternité.