Franchir la porte de Julien, c’est entrer dans un autre monde, dîner à une autre époque, celle où les femmes portaient la voilette et les hommes le chapeau claque. Les dames resplendissent sur les murs et les garçons en noir et blanc virevoltent entre les tables. La Belle Epoque, madame. Pas de lignes droites, rien que des courbes. L’Art nouveau et ses jolies femmes. Une à chaque saison, peinte su
r pâte de verre avec perles et bijoux, des fleurs plein les cheveux, le regard langoureux et la silhouette de Sarah Bernhardt. Signé Louis Trézel, d’après les dessins du grand Mucha. Voici un siècle que Paris dîne sous leurs yeux au sortir du Gymnase ou d’ailleurs. Sarah Bernhardt y vint, Jean-Paul Gaultier y va. Paris malin. Mosaïque au sol, verrière au plafond, porte manteaux en cuivre, bar en acajou dessus étain, c’était comme ça chez Julien au siècle dernier. Ce sera pareil demain, avec la cuisine de toujours.