15/06/2026
En voici enfin une personne qui à eu la même réflexion que moi à propos de cette série . Merci 🙏 Emmanuelle Keita
Hier, j’ai posté l’affiche du film : The Polygamist . Et les commentaires étaient unanimes : « Attrape ton cœur, la fin est trop chic ! »
Alors j’ai attrapé mon cœur. J’ai même sacrifié le match des Éléphants pour regarder le film jusqu’au bout.
Mais dites-moi… quelle est cette fin que vous appelez une belle fin ?
Pendant tout le film, on voit une femme souffrir ,Depuis sa jeunesse jusqu’à sa vieillesse, elle supporte un homme égoïste, infidèle, narcissique, qui lui fait vivre un véritable enfer.
Et à la fin, qu’est-ce qu’on célèbre ? Le fait qu’elle lui transmette volontairement le VIH ?
Pour moi, ce n’est pas une victoire. C’est même sa plus grande défaite.
Cet homme a réussi à la détruire jusqu’au bout. Il a réussi à transformer une femme instruite, issue d’une bonne famille, en quelqu’un consumé par la haine. Une femme prête à commettre un acte criminel pour se venger.
Moi, j’attendais une autre fin.
J’attendais qu’elle se lève. Qu’elle parte. Qu’elle reconstruise sa vie. Qu’elle retrouve sa paix. Qu’elle montre qu’on peut quitter une relation toxique sans devenir soi-même toxique.
Mais non.
On nous montre une femme qui rend le mal par le mal.
Et au final, qui gagne ?
Lui.
Il a vécu exactement comme il le voulait. Il a trompé. Il a humilié. Il a manipulé. Il a fait souffrir.
Quant à elle, elle reste avec ses blessures, sa colère et sa maladie.
Même aux funérailles, je n’ai vu aucune victoire. J’ai vu des femmes humiliées jusqu’au bout. La première épouse est humiliée. La jeune femme à qui on a vendu des promesses est humiliée. Chacune, à sa manière, porte les conséquences des choix de cet homme.
C’est d’ailleurs ce que l’on voit souvent dans la vraie vie : des femmes qui restent par peur du regard des autres, par peur du divorce, par peur des jugements, par peur d’être celles qui ont « échoué » dans leur mariage.
Elles supportent, supportent, supportent… jusqu’à devenir méconnaissables.
Et le détail qui m’a le plus marquée, c’est la situation du fils de Joyce. Pendant tout le film, on nous présente un jeune homme généreux, respectueux, avec de vraies valeurs. Pourtant, à la fin, il se retrouve dans une relation avec la dernière partenaire de son père. Or nous savons que son père vivait avec le VIH.
C’est là que je me pose une question : cette vengeance ne risque-t-elle pas de se retourner contre Joyce elle-même ?
Parce qu’en voulant punir son mari, elle a peut-être mis en mouvement une chaîne de conséquences qui pourrait atteindre ce qu’elle a de plus précieux : son propre enfant.
Et lorsqu’un enfant paie les conséquences de nos blessures, peut-on encore parler de victoire ?
C’est pour cela que je trouve cette fin profondément triste.
Une belle fin, ce n’est pas la vengeance.
Une belle fin, c’est la libération.
Une belle fin, c’est choisir soi-même son bonheur.
Une belle fin, c’est partir avant que la souffrance ne nous transforme en quelqu’un que nous ne reconnaissons plus.
Donc non, je ne vois pas la « fin chic » dont tout le monde parle.
Moi, j’ai surtout vu une histoire où la haine a fini par contaminer tout le monde.
Et je vous repose la question : qu’est-ce que vous appelez exactement une bonne fin ?